Recherche-action Friche la Belle de Mai / Iméra

11 décembre 2025

La Friche la Belle de Mai s’est associée à l’Iméra, l’Institut d’études avancées (IEA) d‘Aix Marseille Université dans le cadre de Mawjaat pour lancer un appel à candidature conjoint sur les questions de tiers-lieux et de transitions. Rattaché aux programmes de recherche de l’Iméra « Méditerranée » et « Arts & sciences : savoirs indisciplinés », cet appel a permis l’identification de Lieve Wijman, chercheuse associée de Mawjaat.

La recherche-action constitue l’un des piliers structurants du projet Mawjaat. Fruit d’un partenariat entre la Friche la Belle de Mai et l’Iméra, elle vise à nourrir une réflexion approfondie sur la contribution des tiers-lieux aux évolutions culturelles, sociales et économiques de la région méditerranéenne, tout en produisant des recommandations susceptibles de contribuer à l’évolution des politiques publiques à l’échelle régionale.

 

Les défis politiques, sociaux, économiques et climatiques qui traversent le pourtour méditerranéen ont suscité au sein des communautés culturelles de nouvelles formes de réflexion, d’action et d’engagement qui font de ces acteurs de la société civile les porte-voix des transitions. Communément appelés tiers-lieux ou creative hubs, ces collectifs accompagnent les mutations des sociétés en s’emparant d’enjeux souvent sensibles liés à la jeunesse, l’éducation, le genre, l’innovation, l’environnement. En dehors des canaux institutionnels privilégiant une vision plus traditionnelle de la culture, ils investissent de nouveaux terrains et drainent avec eux une communauté d’acteurs et d’usagers partageant des pratiques qui illustrent une autre vision du rôle social de la culture. Ces tiers-lieux installés ou en devenir accueillent de nombreuses initiatives et deviennent des foyers multiformes et hybrides permettant qu’une offre culturelle existe, et qu’un accompagnement social, ou entrepreneurial prenne place dans ces territoires.

 

Les tiers-lieux sont des lieux de brassage et de mixité, qui réinventent les manières de transmettre les savoirs, d’animer l’intelligence collective, de susciter la participation citoyenne, des lieux qui jouent un rôle de plus en plus important dans la transformation culturelle, sociale et économique d’une région.

La recherche-action associera des enquêtes de terrain dans les six pays partenaires (janvier 2026 à janvier 2027) , une observation et analyse de l’écosystème régional des tiers-lieux et la production d’un livrable présentant les résultats de la recherche. Cette recherche s’achèvera par une résidence de 5 mois à l’Iméra (Marseille) de février à juin 2027.

 

Suite à la publication de l’appel à candidatures en juillet 2025, le processus de sélection a conduit à l’identification de Lieve Wijman comme chercheuse associée au projet Mawjaat. Spécialisée en philosophie, en études sur les conflits et en droits humains, elle explore les dynamiques culturelles, migratoires et sociales entre les rives de la Méditerranée, à partir d’expériences de terrain menées en Égypte, en Jordanie et en Turquie. Ses travaux portent sur la culture comme espace de pouvoir, de résistance et de transformation sociale, elle a travaillé sur les scènes culturelles underground, les dynamiques migratoires et les lieux de sociabilité urbaine, et a collaboré avec des institutions culturelles et de recherche telles que le Center for Arab West Understanding au Caire et le Tolhuistuin à Amsterdam. Parallèlement à sa pratique de recherche, elle est autrice, photographe et engagée dans des projets éditoriaux et de débats autour des droits humains.

 

Dans le cadre du projet Mawjaat, elle étudie les tiers-lieux en Méditerranée comme comme des laboratoires quotidiens de transformation culturelle, sociale, économique et écologique, ainsi que comme des « tiers-espaces » ancrés dans leurs contextes locaux. Mobilisant des théories des non-mouvements, des tiers-espaces, de la superdiversité et de la créolisation, cette recherche met en lumière la manière dont ces lieux fonctionnent comme des espaces d’appartenance, de solidarité et d’innovation. Ancrée dans des perspectives féministes et intersectionnelles, elle interroge la façon dont ces espaces remettent en cause les structures de pouvoir établies et contribuent à des modèles plus inclusifs de vie sociale et culturelle.