Du 4 au 6 novembre 2025, les partenaires du projet Mawjaat se sont réunis à Alexandrie pour le premier temps fort de cette coopération dans la rive sur de la Méditerranéenne. Pendant deux jours, des tiers-lieux et acteurs culturels d’Algérie, d’Égypte, de France, du Liban, du Maroc et de Tunisie ont posé les bases d’un projet collectif pour les deux années à venir.
Pensé comme un espace d’expérimentation et d’innovation sociale, Mawjaat est à la fois un projet coordonné par la Friche la Belle de Mai à Marseille, aux côtés du réseau culturel français à l’étranger. Il s’appuie sur une communauté de tiers-lieux et d’espaces culturels indépendants situés sur la rive sud de la Méditerranée, engagés dans les transitions culturelles, sociales et écologiques. Le mot Mawjaat évoque à la fois la Méditerranée comme espace partagé et les mouvements de changement portés par ces lieux : des espaces ancrés dans leurs territoires, ouverts à l’expérimentation, à la participation citoyenne, à de nouveaux modèles de gouvernance et de modèles économiques plus durables.
Un premier rendez-vous fondateur à Alexandrie
Accueilli par B’sarya for Arts, espace culturel majeur d’Alexandrie, et l’Institut français d’Égypte, le kick-off meeting a constitué la première rencontre en présentiel de l’ensemble des partenaires du projet. Ce temps de travail a permis aux participants de faire connaissance, de partager leurs contextes et enjeux locaux — souvent traversés par des instabilités politiques, économiques ou sociales — et d’affirmer le rôle essentiel des lieux culturels comme acteurs de transformations et principal soutien des pratiques artistiques. Les représentants des cinq tiers-lieux pilotes — B’sarya for Arts (Alexandrie), Collectif Tchebbek (Alger), Beirut Art Center (Beyrouth), Tatmin (Rabat) et le collectif L’Blaça (Tunis) — ont présenté leurs histoires, leurs usages, leurs objectifs dans le cadre de Mawjaat et leurs défis pour les prochaines années. De nombreux enjeux de développement communs ont émergé : la durabilité économique, la question de l’engagement des communautés, la gouvernance partagée, les transitions écologiques ou encore la capacité à inventer de nouveaux récits culturels.
Construire une vision commune à l’horizon 2027
À travers un atelier d’intelligence collective, les participants ont imaginé ce que pourrait être la communauté Mawjaat en 2027. Cette réflexion a abouti à une vision commune : « Nous sommes un écosystème transnational d’acteurs culturels explorant des modèles innovants de pratiques créatives afin de construire des mouvements (mawjaat) plus durables. ». Cette vision souligne l’ambition du projet : dépasser la simple mise en réseau pour faire émerger un écosystème vivant, fondé sur la coopération, l’expérimentation et le partage de connaissances.
Des projets concrets et une recherche-action au cœur du programme
Le kick-off meeting a également permis de présenter les projets d’expérimentation qui seront soutenus dans chaque pays. Qu’il s’agisse de la transformation d’espaces, du soutien à la création artistique, de la diversification des modèles économiques, de la structuration d’écosystèmes culturels ou de nouvelles formes de gouvernance, ces initiatives visent toutes un impact durable, à la fois local et régional. En parallèle, Mawjaat s’appuie sur une recherche-action menée par Lieve Wijman, en partenariat avec l’Iméra (l’Institut d’études avancées d’Aix-Marseille Université).
Et maintenant ?